Mauvais présage.
L'éphémère ministre de l'Ecologie, Nicole Bricq, a-t-elle été sacrifiée sur l'autel des intérêts économiques ?
C'est du moins l'avis du Monde, du Point, de Médiapart ou de Libération. C'est aussi celui de Jean-Vincent Placé, le sénateur EELV, interrogé sur Europe 1.
Il y a une semaine (le 14 juin) le refus de faire signer les autorisations préfectorales pour que la compagnie Shell puisse exploiter les gisements de pétrole à grande profondeur au large de la Guyane avait agréablement surpris.
La décision n'était pas définitive, elle ne devait être prise qu'après l'adoption d'un nouveau Code minier prenant enfin en compte une meilleure protection de l'environnement naturel. Pour qui se souvient des récents déboires de BP avec la plateforme Deep Water Horizon dans le golfe du Mexique, et a entendu parler de la tortue luth, l'idée ne paraissait pas saugrenue.
Mais le 20 juin, selon Médiapart, trois jours après les législatives par pure coïncidence, le Premier ministre a repris les choses en main et fait signer - discrètement - l'autorisation. Le 21, à l'occasion du remaniement, Nicole Bricq est "promue" à un poste secondaire en comparaison (mais conserve sa place dans l'ordre protocolaire, à quoi tient l'orgueil des ministres...).
Pressions de Shell et de lobbies en tous genres (dont les élus locaux), mécontentement d'Arnaud Montebourg qui n'aime pas qu'on empiette sur son bac à sable (le grandiloquent Redressement productif), maladresse de la nouvelle ministre, tout se conjugue pour que rien ne vienne pertuber le fameux "business as usual".
Premier acte tangible de la présidence Hollande dégagé des contingences électorales.
En ces temps difficiles, ne prenons aucun risque pour l'emploi, aucune restriction pour les multinationales, quitte à hypothéquer l'avenir de la Guyane et, accessoirement, de ses voisins.
Message aux tortues luth : "Et bien dansez maintenant !"
mais surtout informations et analyses politiques suite aux élections présidentielles de 2012
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vendredi 22 juin 2012
lundi 11 juin 2012
Ah ! le quinquennat...
Bon, les gagnants de la présidentielle ont de quoi se réjouir, leur majorité est assurée.
C'était le but avoué des partis principaux qui ont appelé à voter, lors du référendum de septembre 2000, en faveur de la congruence des élections présidentielle et législative (seulement 30% de votants). Effectivement, c'est dans l'intérêt des partis principaux. Mais la démocratie ?
Les législatives ne sont-elles que condamnées à confirmer les élections présidentielles ?
Si c'était le cas, nous ne serions que condamnés à un scrutin archi-présidentiel, bien pire que le système étasunien où des élections dites de 'mid-term' permettent éventuellement au parlement de contrebalancer les élections présidentielles précédentes. Et ce scrutin mérite l'appellation de présidentiel. Que dire du nôtre ?
On s'acharne, dans les petites classes, à réaffirmer le credo gaulliste : scrutin semi-présidentiel. De qui se moque-t-on ?
Peu importe le Président, on vote pour une chambre d'enregistrement, les fameux députés-godillots que moquaient les partis de gauche à l'époque du Général...
La Gauche s'y complait, la Droite ne s'y dénie pas.
Mais nous ?
Est-on réductibles à un choix binaire ? Voulons-nous seulement confirmer un choix majoritaire ? Ou préférons-nous quelques nuances qui laissent, même aux partis principaux, une marge de manoeuvre plus adéquat aux sentiments du moment ?
Tort ou raison, peu me chaut.
C'était le but avoué des partis principaux qui ont appelé à voter, lors du référendum de septembre 2000, en faveur de la congruence des élections présidentielle et législative (seulement 30% de votants). Effectivement, c'est dans l'intérêt des partis principaux. Mais la démocratie ?
Les législatives ne sont-elles que condamnées à confirmer les élections présidentielles ?
Si c'était le cas, nous ne serions que condamnés à un scrutin archi-présidentiel, bien pire que le système étasunien où des élections dites de 'mid-term' permettent éventuellement au parlement de contrebalancer les élections présidentielles précédentes. Et ce scrutin mérite l'appellation de présidentiel. Que dire du nôtre ?
On s'acharne, dans les petites classes, à réaffirmer le credo gaulliste : scrutin semi-présidentiel. De qui se moque-t-on ?
Peu importe le Président, on vote pour une chambre d'enregistrement, les fameux députés-godillots que moquaient les partis de gauche à l'époque du Général...
Mais nous ?
Est-on réductibles à un choix binaire ? Voulons-nous seulement confirmer un choix majoritaire ? Ou préférons-nous quelques nuances qui laissent, même aux partis principaux, une marge de manoeuvre plus adéquat aux sentiments du moment ?
Tort ou raison, peu me chaut.
Si les élections législatives ne servent à rien, les cris d’orfraie, pas plus : l’abstention aux législatives ne peut que progresser (42,77% cette fois-ci, record assuré la fois prochaine, si rien ne change) . Espérons que la réforme du scrutin, annoncée par François Hollande, redonne un minimum de légitimité à ces élections, qui méritent mieux que ce statut d’élection croupion. J'avoue que j'espère bien plus pour l'élection de ceux que nous déléguons pour voter la Loi.
À suivre.
lundi 28 mai 2012
Lui, président de la République
Ça y est ! Enfin trois journalistes relèvent le défi. Dans le grand courant de mode du « fact checking », trois étudiants de l’école de journalisme de Lille (ESJ) décident de faire leur boulot. Ils vont vérifier !
Si ! si ! Pour la première fois après des élections, ils vont vérifier la tenue des promesses de campagne.
C’est la Voix du Nord qui relaie l’information : « les trois jeunes gens ne se sont pas contentés de reprendre les fameux soixante engagements, mais les ont étoffés des déclarations orales ou parues dans la presse de François Hollande. » Ils en ont pour l’instant recensés 222.
À l’imitation du site politifact.com qui suit la tenue des promesses de Barack Obama, Corentin Dautreppe, Clément Parrot et Maxime Vaudano se sont fixé pour tâche de tenir le baromètre sur leur site : luipresident.fr.
N’y a-t-il que des jeunes pour avoir l’audace de croire en leur métier, au point que l’initiative n’ait pas effleuré la conscience des grands médias ?
Bon courage à vous, et au long cours s'il vous plait, on compte sur vous jusqu'en 2017...
dimanche 27 mai 2012
Le blanc est-il une couleur ?
Le Figaro a publié en janvier des exemples de questionnaires qui devraient être posés à partir de juillet 2012 pour obtenir la naturalisation française. Ils sont aussi intelligents que les tests de QI puisqu'ils mesurent une pensée commune. Je serais surpris que tous les Français sachent répondre (si tant est, déjà, qu'ils sachent tous lire). Je n'ai pas entendu François Hollande ou Manuel Valls remettre en cause le bien-fondé de l'exercice.
Je passe sur la faute d'orthographe à "Libye" et note que pour être Français il faut savoir qui sont Michel Platini, Brigitte Bardot ou Edith Piaf et que pour ma part je serais tenté de répondre :
le Président dela République
Je relève en passant que la question de la date de l'abolition de l'esclavage est ambiguë suivant que l'on parle d'abolition définitive, de traite ou de territoire métropolitain. J'en vois au moins sept : 1789, 1794, 1818, 1848, 1905, 1948, 1955. Heureusement une seule y figure.
Ensuite les Basques et les hommes de Cro-Magnon risquent de ne pas goûter cette question-ci :
Les premiers peuples connus qui ont habitéla France sont :
Doit-on enfin croire que les lois actuelles (âge de scolarité obligatoire, direction du Gouvernement, âge légal du vote, ...) sont consubstantielle à la nature du Français ?
Je vous reproduis le tout, c'est instructif :
la Révolution française
la Marseillaise
la Versaillaise
la Paimpolaise
la Suisse
la Pologne
Je passe sur la faute d'orthographe à "Libye" et note que pour être Français il faut savoir qui sont Michel Platini, Brigitte Bardot ou Edith Piaf et que pour ma part je serais tenté de répondre :
- par "les trois" à
Napoléon
le général de Gaulle
Jules César
- par "ça dépend" à
le Président de
l’Assemblée nationale et le Sénat
les habitants de la France
- je ne trouverais pas mon compte, surtout depuis le quinquennat, dans :
Le régime politique de la France est :
une monarchie constitutionnelle
une République à régime semi-présidentiel
une monarchie absolue
- je serais très embêté par la question :
Le drapeau français possède :
trois couleurs
une couleur et dix étoiles
deux couleurs
Je relève en passant que la question de la date de l'abolition de l'esclavage est ambiguë suivant que l'on parle d'abolition définitive, de traite ou de territoire métropolitain. J'en vois au moins sept : 1789, 1794, 1818, 1848, 1905, 1948, 1955. Heureusement une seule y figure.
Ensuite les Basques et les hommes de Cro-Magnon risquent de ne pas goûter cette question-ci :
Les premiers peuples connus qui ont habité
les Crétois
les Gaulois
les François
Doit-on enfin croire que les lois actuelles (âge de scolarité obligatoire, direction du Gouvernement, âge légal du vote, ...) sont consubstantielle à la nature du Français ?
Je vous reproduis le tout, c'est instructif :
EXEMPLE QUESTIONNAIRE N°1
1) À quelle période de l’histoire se rattache la construction du château de Versailles ?
celle de Napoléon
celle de Louis XIV
celle de Louis-Philippe
2) À qui associez-vous l’Arc de Triomphe ?
Napoléon
le général de Gaulle
Jules César
3) Pendant quelle période de l’histoire ont été bâties les cathédrales gothiques ?
le Moyen-âge
l’Antiquité
4) Les châteaux de la Loire datent :
du XXème siècle
de la Renaissance
dela Révolution française
de la Renaissance
de
5) À quoi servait la Bastille avant sa démolition ?
à un hôtel
à une prison
à un opéra
6) La guerre de Cent ans s’est déroulée :
au Moyen-âge
sous le règne de Louis XIV
en 1914
7) À quelle guerre fait référence la bataille de Verdun ?
la guerre d’Algérie
la première guerre mondiale
la seconde guerre mondiale
8 ) La Tour Eiffel été construite :
pour l’exposition universelle de 1889
pour attirer les touristes
pour installer les antennes de télévision
9) La Grande mosquée de Paris été inaugurée :
avant la Révolution
entre les deux guerres
l’année dernière
entre les deux guerres
l’année dernière
10) La première guerre mondiale s’est déroulée :
entre 1914 et 1918
entre 1946 et 1962
entre 1720 et 1723
11) Les guerres de religion, au XVIème siècle, ont opposé :
catholiques et protestants
chrétiens et musulmans
chrétiens et musulmans
écoles publiques et écoles privées
12) Le discours du général de Gaulle appelant la résistance se situe :
dans le cadre de la seconde guerre mondiale
dans le cadre de la guerre contre les Anglais
pendant les évènements de mai 1968
13) Lequel de ces trois hommes n’a pas été Président de la République ?
Valéry Giscard d’Estaing
François Mitterrand
Victor Hugo
14) À quelle période de l’histoire se rattache la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ?
la libération de Paris
la Révolution française
la création de l’Europe
la création de l’Europe
15) À quelle période de l’histoire se rattache Jeanne d’Arc ?
le Moyen Age
la deuxième Guerre mondiale
la Révolution française
la deuxième Guerre mondiale
EXEMPLE QUESTIONNAIRE N°2
1) Le Mont-Saint-Michel est situé :
en Méditerranée
sur une île de la Seine
en Normandie
2) Au palais de l’Elysée loge :
le ministre de la justice
le siège d’un groupe hôtelier
le Président de la République
3) L’hymne de la France est :
4) Notre-Dame de Paris est :
un lieu de culte
un bâtiment administratif
une salle de concert
5) Dans lequel de ces trois pays le français n’est pas parlé :
l’Espagne
l’Algérie
6) Le nom de la France provient :
des Francs
de la franchise
de la langue française
7) Lequel de ces lieux est un musée :
le Louvre
les Galeries Lafayette
le Futuroscope de Poitiers
8) Lequel de ces trois pays n’appartient pas l’espace européen :
l’Ukraine
le Danemark
9) La loi est votée par :
le Président de la République
l’Assemblée nationale et le Sénat
les habitants de la France
10) Brigitte Bardot fut :
une actrice de cinéma
la créatrice d’une maison de couture
la première femme championne de boxe
11) Auguste Rodin était :
un homme politique
un chanteur
un sculpteur
12) L’Hôtel de Ville, c’est aussi :
la mairie
l’auberge
l’Assemblée nationale
13) Les Trois Mousquetaires est un roman :
du cardinal de Richelieu
d’Alexandre Dumas
de Marcel Proust
14) Molière a écrit :
des pièces de théâtre
des livres de jardinage
des romans policiers
15) De ces trois personnalités, laquelle n’est pas un chanteur :
Claude François
Michel Platini
Charles Trénet
EXEMPLE QUESTIONNAIRE N°3
1) Les femmes peuvent voter :
depuis la Révolution française
depuis 1944
depuis 2001
2) Lequel de ces trois pays n’a pas fait partie de l’Empire colonial français :
la Tunisie
le Maroc
la Lybie
la Loire
le Maroc
la Lybie
3) Les premiers peuples connus qui ont habité la France sont :
les Crétois
les Gaulois
les François
4) À quel homme politique se rattache la création de l’école publique, gratuite et obligatoire ?
Jules Ferry
Luc Ferry
Jules Grévy
5) Un pays dirigé par un roi est :
une monarchie
une république
une province
6) En France, le catholicisme est :
une religion officielle
une religion parmi d’autres
une religion interdite
7) Le point culminant en France est :
le Mont Blanc
le Pic de Vignemale
le Kilimandjaro
le Pic de Vignemale
le Kilimandjaro
8) Laquelle de ces îles n’est pas dans les Antilles françaises
la Martinique
Haïti
la Guadeloupe
Haïti
la Guadeloupe
9) Lequel de ces fleuves coule en France :
le Nil
le Danube
10) Lequel de ces mots n’est pas dans la devise de la République :
égalité
liberté
indépendance
11) Michel Platini est connu pour avoir joué :
du violon
au football
aux échecs
12) Le Parlement européen siège à :
Luxembourg
Cracovie
Strasbourg
13) L’école en France est obligatoire l’âge de :
trois ans
six ans
dix ans
14) Pour pouvoir voter aux élections nationales, il faut :
être français
appartenir un parti politique
payer l’impôt sur le revenu
15) Le Tour de France est :
une épreuve cycliste
un bâtiment
une compétition de pétanque
EXEMPLE QUESTIONNAIRE N°4
1) La Grotte de Lascaux contient :
une église souterraine
des peintures préhistoriques
Des installations militaires
2) Le drapeau français possède :
trois couleurs
une couleur et dix étoiles
deux couleurs
3) Edith Piaf est :
une chanteuse
une championne de cyclisme
une championne de cyclisme
une spécialiste des oiseaux
4) Quelle est la date de la fête nationale française ?
4 juillet
14 juillet
4 août
5) Jusqu’à quel âge la scolarisation d’un enfant est-elle obligatoire ?
12 ans
14 ans
16 ans
6) Le régime politique de la France est :
une monarchie constitutionnelle
une République à régime semi-présidentiel
une monarchie absolue
7) Le Gouvernement français est dirigé par :
le président de la République
le Premier ministre
le président du Conseil
8) Laquelle de ces montagnes n’est pas en France :
le Mont Blanc
le Mont Zeppelin
le Mont Canigou
9) Lequel de ces pays n’a pas de frontière avec la France :
la Belgique
les Pays-Bas
les Pays-Bas
l’Italie
10) À partir de quel âge a-t-on le droit de voter en France :
16 ans
18 ans
21 ans
18 ans
21 ans
11) L’abolition de l’esclavage en France date de :
1848
1918
1968
1918
1968
12) Le gouvernement du Front populaire été constitué :
en 1876
en 1916
en 1936
en 1916
en 1936
13) Qui était Jean Moulin ?
un chanteur de l’entre-deux guerres
un préfet entré dans la Résistance
un ministre du général de Gaulle
un préfet entré dans la Résistance
un ministre du général de Gaulle
14) La Constitution de la Vème République été adoptée :
en 1918
en 1945
en 1958
en 1945
en 1958
15) Le président de la République française :
est élu au suffrage universel
est nommé par le chef du gouvernement
est nommé par le Parlement réuni en congrès
est nommé par le chef du gouvernement
est nommé par le Parlement réuni en congrès
lundi 21 mai 2012
À gauche, toutes !
Voilà au moins vingt ans que l’on entend sur toutes les ondes le constat de décès des communistes. Le moins qu’on ne puisse dire, c’est que le cadavre bouge encore.
Le Parti communiste français s’il est incontestablement bien moins puissant aujourd’hui que du temps des trente glorieuses, conserve de bons scores dans les mairies, conseils généraux, à l’Assemblée nationale, au Sénat et ce, contrairement au Front national qui n’a au mieux que dirigé quelques mairies temporairement et avec le succès que l’on sait (le scrutin proportionnel de 1986 leur a aussi donné un groupe parlementaire jusqu’en 1988). Raison pour laquelle le Front national a tant de mal (officiellement) a recueillir ses 500 signatures de parrainage à l'élection présidentielle.
Les Radicaux de gauche aussi me direz-vous ont une bonne représentation locale. Mais à la différence du PRG, la plupart du temps le PCF présente des candidats contre les socialistes ou leurs alliés. Leur survie est donc autonome et leur déclin d’ailleurs grandement lié à leur satellisation dans les gouvernements d’union de la gauche, y compris celui du tournant de la rigueur de 1983.
Cette dernière élection présidentielle de 2012 est la première depuis 1974 à ne pas voir de candidat du PCF se présenter. A l’époque le Programme commun avait décidé de présenter comme unique candidat François Mitterrand ce qui fait de ce scrutin un cas à part. Mais à la gauche du Parti socialiste les tendances ont toujours été multiples (les chiffres sont disponibles sur le site de france-politique) :
Les variétés de communistes comptent de rares dissidents comme l’ex-stalinien devenu rénovateur, Pierre Juquin dont l’échec en 1988 (1,7% des inscrits) enterra les ambitions. Surtout, comptés à l’extrême gauche parce que préférant le grand soir à la participation à un gouvernement bourgeois, les frères ennemis trotskistes n’en finissent pas d’étaler leur divisions.
![]() |
Résultats à la gauche du PS depuis 1974 |
Les variétés de communistes comptent de rares dissidents comme l’ex-stalinien devenu rénovateur, Pierre Juquin dont l’échec en 1988 (1,7% des inscrits) enterra les ambitions. Surtout, comptés à l’extrême gauche parce que préférant le grand soir à la participation à un gouvernement bourgeois, les frères ennemis trotskistes n’en finissent pas d’étaler leur divisions.
Longtemps Arlette Laguiller, auréolée d’un combat syndical dur en 1974 dans le secteur bancaire, a été la plus visible de ses représentants. Lutte ouvrière, grâce à elle a fait une percée remarquée en 1995 et 2002 en rassemblant 4% des inscrits. C’est le seul mouvement trotskiste à présenter sans discontinuer des candidats depuis 1974. Traditionnellement son intransigeance amène le refus d’appeler à voter pour le candidat de gauche le mieux placé, et a fortiori quand il s’agit d’un candidat de droite : le second tour Jacques Chirac / Jean-Marie Le Pen en 2002 a été pour beaucoup dans la prise de conscience de son électorat d’une adhésion de Lutte ouvrière à la politique du pire, sensée créer les conditions d’une révolution. Nathalie Arthaud continue dans la ligne.
C’est suite à cette erreur politique que prend essor la Ligue communiste révolutionnaire , qui, revenue de l’humiliation d’Alain Krivine en 1974 (0,31% des inscrits) reprend des couleurs avec le très médiatique et habile Olivier Besancenot près de 30 ans plus tard. 2002 voit les orphelins de la gauche se disperser au mot d’ordre de Lionel Jospin, lui même ancien trotskiste lambertiste : « mon programme n’est pas socialiste ». C’est donc en toute logique que la gauche non gouvernementale remporte alors son plus beau succès : plus de 7% des inscrits. Besancenot se remplume encore la fois suivante et devient le premier représentant de la gauche de la gauche avec 3,4% des inscrits. Voulant transformer l’essai, la LCR cherche à fédérer l’ensemble de cette mouvance en créant le Nouveau Parti anti-capitaliste. Les divisions picrocholines reprennent le dessus après la polémique sur la présentation d’une femme voilée aux élections et Besancenot achève l’élan en refusant de se présenter en 2012, cédant la place au premier au concours de circonstance : Philippe Poutou. S’il conserve la première place à l’extrême gauche, il n’atteint pas 1% et tout semble à refaire.
Un mot sur les plus anecdotiques de la mouvance trotskiste. Des lambertistes de l’Organisation communiste internationale se présentent de temps à autre sous des noms divers (MPPT, PT, CNRD). Ils sont bien meilleurs dans l’entrisme qu’aux élections présidentielles où leurs candidats (Pierre Boussel dit Pierre Lambert, Daniel Gluckstein, Gérard Schivardi) ne décolle pas de 0,3% des inscrits.
Une mention aussi pour la gauche du PS qui avant Jean-Luc Mélenchon ne se fait pas vraiment remarquer : le Parti socialiste unifié représenté par Huguette Bouchardeau en 1981 (0,9%) et l’électron libre José Bové en 2007 (1,1%).
Restent donc les communistes partis en 1981 avec 12,2% des inscrits autour de Georges Marchais, ils en perdent la moitié après leur première expérience gouvernementale de la Ve République : 5,4% en 1988, 6,6% en 1995. Nouvelle participation au gouvernement et nouvelle chute de moitié : 2,9% en 2002 et 3,4% en 2007. Surtout, lors de ces deux scrutins, ils se font distancés par les candidats trotskistes : voilà le sang de Léon Trotski vengé dans les urnes ! Le PCF pâtit aussi bien sûr de la chute du mur de Berlin (1989) et de la dissolution de l’URSS (1991), l’espérance communiste y a perdu ses ailes internationales.
Leur ancien candidat (1995 et 2002) et Secrétaire général Robert Hue finit même par quitter le Parti et en vient à soutenir la candidature de François Hollande en 2012 dès le premier tour. C’est le bouillon de minuit.
Survient alors l’étonnant pari de Jean-Luc Mélenchon, ancien lambertiste lui aussi. Quittant le PS au cours du tragicomique Congrès de Reims en 2008, il décide de représenter l’aile gauche de celui-ci à l’extérieur du PS en créant le Parti de gauche. Réussissant à convaincre le PCF de ne pas prendre le risque d’un nouvel échec aux présidentielles, il réussit à s’en faire adouber en l’échange d’une surreprésentation du PCF aux législatives. La coalition qui prend le nom de Front de gauche agrège quelques autres petites formations et réussi là où le Nouveau Parti anti-capitaliste a échoué. Un temps donné dans les sondages à 17-18% des votants, il parvient à plus de 11%, mais seulement à 8,7% des inscrits. Il écrase tous ses compétiteurs de gauche, mais la gauche du PS reste dans l’étiage moyen qui est le sien depuis 1988, aux environ de 10% des inscrits. L’effet « vote utile » très fort à gauche depuis le traumatisme de 2002 ne lui a pas permis d’atteindre ses espérances. Pour l’instant, et l’avenir dira comment évolueront les choses, le vainqueur de l’expérience semble être le PCF qui ne devrait pas avoir trop de mal à préserver son groupe parlementaire à l’issue des législatives à venir. Je serais en tout cas surpris de leur participation au gouvernement.
dimanche 6 mai 2012
Et le vainqueur est... (v2)
vendredi 27 avril 2012
Le ventre fécond
Voici les résultats de l’extrême droite en France depuis qu’existe l’élection présidentielle au suffrage universel.
Les chiffres proviennent pour l’essentiel de la documentation française et pour les données manquantes du site France politique (1974) et du ministère de l’Intérieur (2012).
Les Le Pen, père et fille, ne sont plus à présenter. L’avocat Jean-Louis Tixier-Vignancour était un proche de l’Algérie française, encore fraîche lors de l’élection de 1965, ce qui explique largement son bon score. Bertrand Renouvin était royaliste, Philippe de Villiers, traditionaliste catholique et Bruno Mégret sécessionniste du Front national.
En 1969 et en 1981, l’extrême droite n’a pas eu de candidat. Lors de ce dernier scrutin, la hausse à 500 du nombre de parrainage, doublé de la ruse de Jacques Chirac qui provoque le désistement de dernière minute de 200 soutiens (ce qui explique certainement les antagonismes irréconciliables des deux hommes), empêchent Jean-Marie Le Pen de se présenter.
A première vue depuis 1988, les suffrages d’extrême droite (entre 4,3 et 6,4 millions) et le pourcentage des inscrits (entre 10,5 et 15) connaissent des oscillations modérées et sans tendance générale.
Concentrons-nous sur les seuls candidats du Front national :
Concentrons-nous sur les seuls candidats du Front national :
Là par contre la tendance est constamment à la hausse, à l’exception de 2007. Le labourage des thèmes de l’extrême droite par le candidat Sarkozy n’a été qu’un siphonage conjoncturel de ses suffrages à la fois en valeur absolue (-1,7 millions) et plus encore en pourcentage des inscrits (- 5 points) à mettre en lien avec une participation beaucoup plus forte. Ça n’a donc bien été qu’un effet d’optique de baisse dans le succès continu des candidats du Front national.
Nul « effet Marine Le Pen » sensible, la progression reprend au même rythme en 2012. Quand il n'a pas de concurrence, leur candidat gagne de 1988 au deuxième tour de 2002, 1.150.000 voix, puis de 2002 à 2012, 900.000 voix : 82.000 voix par an dans la première periode, 90.000 dans la seconde. Cette apparente hausse ne tient pas compte de l'élargissement du corps électoral. En pourcentage des inscrits, de 1988 à 2002, on voit une progression de 0,14/an et dans la seconde, 0,05.
Nul « effet Marine Le Pen » sensible, la progression reprend au même rythme en 2012. Quand il n'a pas de concurrence, leur candidat gagne de 1988 au deuxième tour de 2002, 1.150.000 voix, puis de 2002 à 2012, 900.000 voix : 82.000 voix par an dans la première periode, 90.000 dans la seconde. Cette apparente hausse ne tient pas compte de l'élargissement du corps électoral. En pourcentage des inscrits, de 1988 à 2002, on voit une progression de 0,14/an et dans la seconde, 0,05.
La nouveauté est probablement que les discours ambigus réitérés par Nicolas Sarkozy brouillent la frontière entre les deux électorats. Mais n’était-ce pas finalement l’objectif de Patrick Buisson, son conseiller électoral en provenance de Minute ?
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Dessin de Pancho paru dans le Canard enchaîné du 25 avril 2012 |
Ironie de l’Histoire, c’est en rendant possible l’élection du président de la République au suffrage universel que Charles De Gaulle a rendu possible le retour des héritiers de Philippe Pétain et Pierre Laval. Ce n’est pas pour rien que le plébiscite était le mode de légitimation du gouvernement privilégié par Napoléon III. La personnalisation du pouvoir a toujours été le péché mignon de la droite de la droite. Et s’il faut concéder du pouvoir au peuple, qu’il se résume alors à l’approbation du guide. Le Référendum imposé dans la constitution de la Ve République par De Gaulle en est la suite logique.
Étonnamment, c’est le Gaulliste Jacques Chirac qui découplera le Référendum du plébiscite. Contrairement aux enseignements du grand Charles, qui s’était retiré du pouvoir après avoir perdu le Référendum de 1969 (peut-être surtout l’occasion après 1968 de prendre acte de sa déconnection des aspirations populaires), l’échec à propos du Référendum de 2005 sur la Constitution européenne n’a pas poussé Chirac à la démission. Mieux, son successeur, idéologique et institutionnel, s’assiéra sur l’expression populaire en faisant approuver par les chambres le traité de Lisbonne, ersatz du précédent. Les Gaullistes ne sont plus ce qu’ils étaient, mais nous avons déjà eu l’occasion de le dire.
Les gesticulations d’entre deux tours, à aller tous azimuts, brouillent encore un peu plus les positionnements politiques. Nicolas Sarkozy est-il l’ultime fossoyeur du Gaullisme ?
![]() |
Une de l'Humanité du 25 avril 2012 |
Libellés :
1965,
1969,
1974,
1981,
1988,
1995,
2002,
2005,
2007,
2012,
dessin,
extrême droite,
Gaullisme,
Jacques Chirac,
Jean-Marie Le Pen,
Marine Le Pen,
Nicolas Sarkozy,
présidentielle,
référendum,
scrutin
mercredi 25 avril 2012
lundi 23 avril 2012
Et le vainqueur est...
En attendant les résultats du second tour nous pouvons d'ores et déjà proclamer le vainqueur du premier tour.
J'y ai surligné en rouge les prévisions les plus proches des résultats. Ca n'est pas très glorieux. Seul un sondeur était au plus proche de cinq résultats : TNS Sofres n'était pas très loin des pourcentages effectivement réalisés par Philippe Poutou (à 0,15 points), François Bayrou (à 0,87 points), Nicolas Sarkozy (à 0,18 points), Nicolas Dupont-Aignan (à 0,21 points) et Marine Le Pen (à 0,9 points).
Deux autres instituts proposent trois des résultats les plus proches : l'Ifop a bien estimé les scores de Nathalie Arthaud (à 0,06 points), Philippe Poutou (à 0,15 points) et Nicolas Sarkozy (à 0,18 points) ; Harris n'était pas loin des résultats pour Nathalie Arthaud (à 0,06 points), Jean-Luc Mélenchon (à 0,9 points) et Nicolas Dupont-Aignan (à 0,21 points).
Le CSA détient la cuillère de bois puisque en dehors de Jacques Cheminade que tous ont estimé à 0,25 points près (mais est-ce vraiment une estimation ou un coup de chance...), il ne s'est approché au plus près d'aucun résultat.
Les plus beaux plantages sont une surestimation de 3,9 points de Jean-Luc Mélenchon par LH2 et une sousestimation d'autant de Marine Le Pen par BVA. Pour ces deux candidats les meilleures approximations sont éloignées de 0,9 points et toutes sont pour l'un trop hautes, et pour l'autre trop basses. De même François Bayrou est toujours surestimé, au minimum de 0,87 points.
Donc à première vue TNS Sofres est le moins mauvais. Affinons un peu.
Si on additionne les marges d'erreur effectuées par chaque institut pour chacun des candidats, BVA a cumulé 11,09 points d'erreur, LH2 10,61, CSA 9,81, Ipsos 9,17, Ifop, 8,23, Opinion way 7,57 et Harris 7,35.
TNS Sofres confirme, avec 6,65 points d'erreurs cumulés tout de même, sa victoire au grand concours des bras cassés. En moyenne chaque candidat est estimé suivant les instituts avec 0,67 à 1,1 points d'erreur. Et le meilleur réussit à donner 1,9 points de trop à Jean-Luc Mélenchon, alors que 1,63 points manquent à François Hollande. Dans le doute, on peut lui accorder le bénéfice de l'hypothèse qu'il s'agisse de transferts de dernière minute.
dimanche 22 avril 2012
Je ne suis pas un numéro (même binaire)
Sam :
Je viens d'aller voter et nous avons utilisé des urnes électroniques. Comment s'assurer de l'intégrité de ces machines ?
dimanche 22 avril 2012 14h13
LeMonde.fr:
@Sam : "Il est techniquement possible de falsifier les résultats des machines à voter, mais il faut pour cela accéder physiquement à la machine", expliquait avant-hier notre journaliste Damien Leloup dans un article consacré à ce sujet.
Après avoir suscité la polémique en 2007, les machines à voter n'ont quasiment pas provoqué de débat cette année. |
Et bien c'est bien dommage !
Le problème n'est pas dans la fiabilité et la sincérité du vote, mais dans la confiance que l'électorat lui porte. Si un doute s'installe, les théories complotistes ne manqueront pas de justifier un refus de vote ou une contestation des résultats.
La seule garantie est le dépouillement public et les observateurs des candidats le jour du vote. Profitez de vos droits à être observateur (voire scrutateur, dans mon bureau ils recrutent pour ne pas y passer la nuit).
Et puis, qui ne s'est jamais entendu dire auprès d'un service public qui vous refusait vos droits : "j'y peux rien, c'est la machine" ? Sans même imaginer de manipulation, les bugs existent.
Décidément que de conneries ne fait-on pas pour être à la pointe du progrès !
vendredi 20 avril 2012
Le poids des événements
Dans quelle mesure les événements qui scandent la période électorale influent-ils sur les intentions de votes ?
En reprenant les moyennes mensuelles des six principaux candidats présentés par le site Election politique citoyen (EPOC), se dessinent des courbes moins erratiques, moins précises, mais probablement plus exactes, du moins en terme de tendance. Elles compilent l'ensemble des sondages des six instituts de sondages français et fixent la moyenne mensuelle au quinze du mois.
Aussi, les événements que j'ai fait apparaître ont, suivant leur date de réalisation, pu influer sur la moyenne du mois plus ou moins fortement :
Le discours de Grenoble qui stigmatise la population Rom et l'ensemble des gens du voyage n'a pas eu l'effet escompté pour Nicolas Sarkozy. Ni d'ailleurs l'effet repoussoir que beaucoup de commentateurs ont cru y déceler. Il ne perd qu'un demi point dans l'opération, sauf à envisager que la prise de conscience de la population ait été beaucoup plus lente, eu égard aux vacances scolaires. Sa lente érosion se continue à peu près au même rythme après (attention certains mois sans sondage font apparaître des brisures dans les courbes qui ne correspondent à rien). C'est par contre Marine Le Pen qui semble bénéficier du retour de la thématique xénophobe. C'est le début de sa grande ascension et, hormis un léger recul en novembre elle poursuit sa progression jusqu'en mars 2011. Là, elle est donnée à égalité avec François Hollande et Nicolas Sarkozy, aux environs de 21%.
Le printemps arabe qui court depuis décembre, bien loin d'éloigner les sondés de Marine Le Pen, semble encourager les adhésions à sa vision ostracisante. C'est l'intervention militaire de l'OTAN en Libye qui paraît marquer la rupture. Nicolas Sarkozy inverse la tendance et Marine Le Pen aussi et dans des proportions plus grandes. La tuerie raciste d'Oslo aggrave le mouvement et faire perdre deux points à 15%, mais précède une remontée plus ample très surprenante.
Puis oscillations sans grande portée, jusqu'aux près de 19% de janvier 2012. Suit une érosion constante que n'enraille pas la nouvelle tuerie raciste de Toulouse-Montanban, que tente d'expliquer un discours islamophobe. Dans la période précédant le premier tour, elle serait même presque au plus bas depuis sa prise de contrôle du FN, le 16 janvier 2011. Il est possible qu'il s'agisse d'un effet d'optique et que son électorat soit plus fermement décidé que les autres et depuis plus longtemps. Aussi sa baisse globale pourrait être relative à une prise de position des indécis pour d'autres candidats.
Nicolas Sarkozy est, à l'exclusion des mois d'octobre à décembre 2011, toujours en croissance quand Marine Le Pen est à la baisse et inversement. Après l'échec de la stratégie de Grenoble, son retour en faveur est lié à des positions régaliennes : la guerre en Libye, dont la fin, couplée au 14 juillet, lui fait gagner deux points et demi, puis la focalisation sur la crise grecque, avec G20 et tutti quanti, trois points et demi. Étonnamment, l'aggravation de la crise de la dette en France, rendue visible par la perte du triple A, et en Grèce, par une situation sociale désespérée, lui profite encore. Et ce bien plus que la "suspension de la campagne" consécutive aux deuils de Toulouse et Montauban.
Son rival François Hollande bénéficie avec la sortie de route de Dominique Strauss-Kahn d'une ruée des orphelins qui lui fait gagner 4%. L'approche de la primaire socialiste lui accorde de nouveaux suffrages, que la campagne de ces primaires, combinée à une surexposition médiatique vient conforter. En deux mois il regagne cinq points et demi. C'est cette primaire elle-même qui fait chuter d'un même élan Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy, qui reprennent tous deux du terrain perdu les deux mois suivants. En trois mois, doucement, François Hollande perd tous les points gagnés dans le dernier mois de campagne pour les primaires.
Par la suite, il semble autant profiter de la confirmation de la crise que Nicolas Sarkozy, alors que Cassandre, jouée par François Bayrou, qui a beaucoup monté (de 6,6 à 12,9%) de concert avec les angoisses, s'effrite quand elles sont confirmées. La ritournelle de la rigueur, qu'entonne la quasi totalité des candidats, est alors prise à contre-pied par Jean-Luc Mélenchon qui dynamise l'opposition à la pensée dominante. Il crédibilise aussi un volontarisme d'Etat, terrain abandonné par presque tous ses adversaires. Sur les trois derniers mois, il gagnerait cinq points et demi.
La grande surprise vient des écologistes, où Eva Joly ne sera plus jamais aussi haute que lorsqu'elle a été intronisée (de ce point de vue François Hollande fait bien pire, notez). Les changements climatiques, les suites de l'accident nucléaire de Fukushima, son premier anniversaire, les fuites de gaz gigantesques de la plateforme de Total, rien n'y fait. Une lente chute de septembre à avril l'amène de 7 à 2,5% d'intentions de votes. Eva Joly s'est fait , il est vrai, savonner la planche par tous ses amis supposés et lié les mains par l'accord d'Europe écologie-Les verts avec le Parti Socialiste.
Et bien les résultats sont très contradictoires, mais bien souvent contre-intuitifs. Finalement, les événements qui marquent la campagne ne semblent pas influencer de façon déterminante le choix des électeurs. C'est donc plutôt ailleurs qu'il faut chercher.
Bon tout ça, c'est encore à supposer que ces courbes reflètent des tendances. Rendez-vous dimanche pour le vérifier.
En reprenant les moyennes mensuelles des six principaux candidats présentés par le site Election politique citoyen (EPOC), se dessinent des courbes moins erratiques, moins précises, mais probablement plus exactes, du moins en terme de tendance. Elles compilent l'ensemble des sondages des six instituts de sondages français et fixent la moyenne mensuelle au quinze du mois.
Aussi, les événements que j'ai fait apparaître ont, suivant leur date de réalisation, pu influer sur la moyenne du mois plus ou moins fortement :
Le discours de Grenoble qui stigmatise la population Rom et l'ensemble des gens du voyage n'a pas eu l'effet escompté pour Nicolas Sarkozy. Ni d'ailleurs l'effet repoussoir que beaucoup de commentateurs ont cru y déceler. Il ne perd qu'un demi point dans l'opération, sauf à envisager que la prise de conscience de la population ait été beaucoup plus lente, eu égard aux vacances scolaires. Sa lente érosion se continue à peu près au même rythme après (attention certains mois sans sondage font apparaître des brisures dans les courbes qui ne correspondent à rien). C'est par contre Marine Le Pen qui semble bénéficier du retour de la thématique xénophobe. C'est le début de sa grande ascension et, hormis un léger recul en novembre elle poursuit sa progression jusqu'en mars 2011. Là, elle est donnée à égalité avec François Hollande et Nicolas Sarkozy, aux environs de 21%.
Le printemps arabe qui court depuis décembre, bien loin d'éloigner les sondés de Marine Le Pen, semble encourager les adhésions à sa vision ostracisante. C'est l'intervention militaire de l'OTAN en Libye qui paraît marquer la rupture. Nicolas Sarkozy inverse la tendance et Marine Le Pen aussi et dans des proportions plus grandes. La tuerie raciste d'Oslo aggrave le mouvement et faire perdre deux points à 15%, mais précède une remontée plus ample très surprenante.
Puis oscillations sans grande portée, jusqu'aux près de 19% de janvier 2012. Suit une érosion constante que n'enraille pas la nouvelle tuerie raciste de Toulouse-Montanban, que tente d'expliquer un discours islamophobe. Dans la période précédant le premier tour, elle serait même presque au plus bas depuis sa prise de contrôle du FN, le 16 janvier 2011. Il est possible qu'il s'agisse d'un effet d'optique et que son électorat soit plus fermement décidé que les autres et depuis plus longtemps. Aussi sa baisse globale pourrait être relative à une prise de position des indécis pour d'autres candidats.
Nicolas Sarkozy est, à l'exclusion des mois d'octobre à décembre 2011, toujours en croissance quand Marine Le Pen est à la baisse et inversement. Après l'échec de la stratégie de Grenoble, son retour en faveur est lié à des positions régaliennes : la guerre en Libye, dont la fin, couplée au 14 juillet, lui fait gagner deux points et demi, puis la focalisation sur la crise grecque, avec G20 et tutti quanti, trois points et demi. Étonnamment, l'aggravation de la crise de la dette en France, rendue visible par la perte du triple A, et en Grèce, par une situation sociale désespérée, lui profite encore. Et ce bien plus que la "suspension de la campagne" consécutive aux deuils de Toulouse et Montauban.
Son rival François Hollande bénéficie avec la sortie de route de Dominique Strauss-Kahn d'une ruée des orphelins qui lui fait gagner 4%. L'approche de la primaire socialiste lui accorde de nouveaux suffrages, que la campagne de ces primaires, combinée à une surexposition médiatique vient conforter. En deux mois il regagne cinq points et demi. C'est cette primaire elle-même qui fait chuter d'un même élan Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy, qui reprennent tous deux du terrain perdu les deux mois suivants. En trois mois, doucement, François Hollande perd tous les points gagnés dans le dernier mois de campagne pour les primaires.
Par la suite, il semble autant profiter de la confirmation de la crise que Nicolas Sarkozy, alors que Cassandre, jouée par François Bayrou, qui a beaucoup monté (de 6,6 à 12,9%) de concert avec les angoisses, s'effrite quand elles sont confirmées. La ritournelle de la rigueur, qu'entonne la quasi totalité des candidats, est alors prise à contre-pied par Jean-Luc Mélenchon qui dynamise l'opposition à la pensée dominante. Il crédibilise aussi un volontarisme d'Etat, terrain abandonné par presque tous ses adversaires. Sur les trois derniers mois, il gagnerait cinq points et demi.
La grande surprise vient des écologistes, où Eva Joly ne sera plus jamais aussi haute que lorsqu'elle a été intronisée (de ce point de vue François Hollande fait bien pire, notez). Les changements climatiques, les suites de l'accident nucléaire de Fukushima, son premier anniversaire, les fuites de gaz gigantesques de la plateforme de Total, rien n'y fait. Une lente chute de septembre à avril l'amène de 7 à 2,5% d'intentions de votes. Eva Joly s'est fait , il est vrai, savonner la planche par tous ses amis supposés et lié les mains par l'accord d'Europe écologie-Les verts avec le Parti Socialiste.
Et bien les résultats sont très contradictoires, mais bien souvent contre-intuitifs. Finalement, les événements qui marquent la campagne ne semblent pas influencer de façon déterminante le choix des électeurs. C'est donc plutôt ailleurs qu'il faut chercher.
Bon tout ça, c'est encore à supposer que ces courbes reflètent des tendances. Rendez-vous dimanche pour le vérifier.
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