Affichage des articles dont le libellé est sondage. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sondage. Afficher tous les articles

lundi 23 avril 2012

Et le vainqueur est...

En attendant les résultats du second tour nous pouvons d'ores et déjà proclamer le vainqueur du premier tour.



J'y ai surligné en rouge les prévisions les plus proches des résultats. Ca n'est pas très glorieux. Seul un sondeur était au plus proche de cinq résultats : TNS Sofres n'était pas très loin des pourcentages effectivement réalisés par Philippe Poutou (à 0,15 points), François Bayrou (à 0,87 points), Nicolas Sarkozy (à 0,18 points), Nicolas Dupont-Aignan (à 0,21 points) et Marine Le Pen (à 0,9 points).

Deux autres instituts proposent trois des résultats les plus proches : l'Ifop a bien estimé les scores de Nathalie Arthaud (à 0,06 points), Philippe Poutou (à 0,15 points) et Nicolas Sarkozy (à 0,18 points) ; Harris n'était pas loin des résultats pour Nathalie Arthaud (à 0,06 points), Jean-Luc Mélenchon (à 0,9 points) et Nicolas Dupont-Aignan (à 0,21 points).

Le CSA détient la cuillère de bois puisque en dehors de Jacques Cheminade que tous ont estimé à 0,25 points près (mais est-ce  vraiment une estimation ou un coup de chance...), il ne s'est approché au plus près d'aucun résultat.

Les plus beaux plantages sont une surestimation de 3,9 points de Jean-Luc Mélenchon par LH2 et une sousestimation d'autant de Marine Le Pen par BVA. Pour ces deux candidats les meilleures approximations sont éloignées de 0,9 points et toutes sont pour l'un trop hautes, et pour l'autre trop basses. De même François Bayrou est toujours surestimé, au minimum de 0,87 points.

Donc à première vue TNS Sofres est le moins mauvais. Affinons un peu.

Si on additionne les marges d'erreur effectuées par chaque institut pour chacun des candidats, BVA a cumulé 11,09 points d'erreur, LH2 10,61, CSA 9,81, Ipsos 9,17, Ifop, 8,23, Opinion way 7,57 et Harris 7,35.

TNS Sofres confirme, avec 6,65 points d'erreurs cumulés tout de même, sa victoire au grand concours des bras cassés. En moyenne chaque candidat est estimé suivant les instituts avec 0,67 à 1,1 points d'erreur. Et le meilleur réussit à donner 1,9 points de trop à Jean-Luc Mélenchon, alors que 1,63 points manquent à François Hollande. Dans le doute, on peut lui accorder le bénéfice de l'hypothèse qu'il s'agisse de transferts de dernière minute.

vendredi 20 avril 2012

Le poids des événements

Dans quelle mesure les événements qui scandent la période électorale influent-ils sur les intentions de votes ?

En reprenant les moyennes mensuelles des six principaux candidats présentés par le site Election politique citoyen (EPOC), se dessinent des courbes moins erratiques, moins précises, mais probablement plus exactes, du moins en terme de tendance. Elles compilent l'ensemble des sondages des six instituts de sondages français et fixent la moyenne mensuelle au quinze du mois.

Aussi, les événements que j'ai fait apparaître ont, suivant leur date de réalisation, pu influer sur la moyenne du mois plus ou moins fortement :
Le discours de Grenoble qui stigmatise la population Rom et l'ensemble des gens du voyage n'a pas eu l'effet escompté pour Nicolas Sarkozy. Ni d'ailleurs l'effet repoussoir que beaucoup de commentateurs ont cru y déceler. Il ne perd qu'un demi point dans l'opération, sauf à envisager que la prise de conscience de la population ait été beaucoup plus lente, eu égard aux vacances scolaires. Sa lente érosion se continue à peu près au même rythme après (attention certains mois sans sondage font apparaître des brisures dans les courbes qui ne correspondent à rien). C'est par contre Marine Le Pen qui semble bénéficier du retour de la thématique xénophobe. C'est le début de sa grande ascension et, hormis un léger recul en novembre elle poursuit sa progression jusqu'en mars 2011. Là, elle est donnée à égalité avec François Hollande et Nicolas Sarkozy, aux environs de 21%.

Le printemps arabe qui court depuis décembre, bien loin d'éloigner les sondés de Marine Le Pen, semble encourager les adhésions à sa vision ostracisante. C'est l'intervention militaire de l'OTAN en Libye qui paraît marquer la rupture. Nicolas Sarkozy inverse la tendance et Marine Le Pen aussi et dans des proportions plus grandes. La tuerie raciste d'Oslo aggrave le mouvement et faire perdre deux points à 15%, mais précède une remontée plus ample très surprenante.

Puis oscillations sans grande portée, jusqu'aux près de 19% de janvier 2012. Suit une érosion constante que n'enraille pas la nouvelle tuerie raciste de Toulouse-Montanban, que tente d'expliquer un discours islamophobe. Dans la période précédant le premier tour, elle serait même presque au plus bas depuis sa prise de contrôle du FN, le 16 janvier 2011. Il est possible qu'il s'agisse d'un effet d'optique et que son électorat soit plus fermement décidé que les autres et depuis plus longtemps. Aussi sa baisse globale pourrait être relative à une prise de position des indécis pour d'autres candidats.

Nicolas Sarkozy est, à l'exclusion des mois d'octobre à décembre 2011, toujours en croissance quand Marine Le Pen est à la baisse et inversement. Après l'échec de la stratégie de Grenoble, son retour en faveur est lié à des positions régaliennes : la guerre en Libye, dont la fin, couplée au 14 juillet, lui fait gagner deux points et demi, puis la focalisation sur la crise grecque, avec G20 et tutti quanti, trois points et demi. Étonnamment, l'aggravation de la crise de la dette en France, rendue visible par la perte du triple A, et en Grèce, par une situation sociale désespérée, lui profite encore. Et ce bien plus que la "suspension de la campagne" consécutive aux deuils de Toulouse et Montauban.

Son rival François Hollande bénéficie avec la sortie de route de Dominique Strauss-Kahn d'une ruée des orphelins qui lui fait gagner 4%. L'approche de la primaire socialiste lui accorde de nouveaux suffrages, que la campagne de ces primaires, combinée à une surexposition médiatique vient conforter. En deux mois il regagne cinq points et demi. C'est cette primaire elle-même qui fait chuter d'un même élan Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy, qui reprennent tous deux du terrain perdu les deux mois suivants. En trois mois, doucement, François Hollande perd tous les points gagnés dans le dernier mois de campagne pour les primaires.

Par la suite, il semble autant profiter de la confirmation de la crise que Nicolas Sarkozy, alors que Cassandre, jouée par François Bayrou, qui a beaucoup monté (de 6,6 à 12,9%) de concert avec les angoisses, s'effrite quand elles sont confirmées. La ritournelle de la rigueur, qu'entonne la quasi totalité des candidats, est alors prise à contre-pied par Jean-Luc Mélenchon qui dynamise l'opposition à la pensée dominante. Il crédibilise aussi un volontarisme d'Etat, terrain abandonné par presque tous ses adversaires. Sur les trois derniers mois, il gagnerait cinq points et demi.

La grande surprise vient des écologistes, où Eva Joly ne sera plus jamais aussi haute que lorsqu'elle a été intronisée (de ce point de vue François Hollande fait bien pire, notez). Les changements climatiques,  les suites de l'accident nucléaire de Fukushima, son premier anniversaire, les fuites de gaz gigantesques de la plateforme de Total, rien n'y fait. Une lente chute de septembre à avril l'amène de 7 à 2,5% d'intentions de votes. Eva Joly s'est fait , il est vrai, savonner la planche par tous ses amis supposés et lié les mains par l'accord d'Europe écologie-Les verts avec le Parti Socialiste.


Et bien les résultats sont très contradictoires, mais bien souvent contre-intuitifs. Finalement, les événements qui marquent la campagne ne semblent pas influencer de façon déterminante le choix des électeurs. C'est donc plutôt ailleurs qu'il faut chercher.

Bon tout ça, c'est encore à supposer que ces courbes reflètent des tendances. Rendez-vous dimanche pour le vérifier.

jeudi 19 avril 2012

Liberté d'informer

Ça y est Sarkozy s’y met.

Emboîtant le pas à quelques éditorialistes horrifiés que la Suisse ou la Belgique n’applique pas la loi française, déjà Libération fait le calcul qu’il est rentable d’engranger des visiteurs sur son site quitte à payer une amende de 75.000 . À son tour, Nicolas Sarkozy s’est déclaré favorable sur Europe 1 à ce que l'estimation des résultats des élections puisse être donnée à 18h30.



L'argument imparable de la modernité a toujours été d'une bêtise abyssale, la mode étant faite pour se démoder.

À se demander pourquoi, depuis peu, la loi fait voter les circonscriptions d’Amérique dès le samedi (ce que Sarkozy feint ici d'ignorer, alors que c'était en place pour la première fois lors de son élection en 2007).

Qu’un libéral puisse défendre une telle idée montre une fois encore combien, en réalité, son idéologie tient plus du gloubiboulga plutôt que d’un ensemble cohérent.

L’un des prérequis de la théorie libérale est l’égalité face à l’information, c’est ce qui justifie l’existence, en matière économique, du délit d’initié.

Aussi si tous pouvaient avoir une heure et demi avant la fin du scrutin des informations de tendance, rien, de ce point de vue, à redire. Mais pourquoi quelques urbains et habitants de région parisienne ont-ils le loisir de décider de leur vote après avoir pris connaissance de celui de leurs concitoyens ?

Reconnaissons à Eva Joly d’avoir défendu ce principe.


D’ailleurs, ce problème ne se pose pas qu’aux élections. Que Nicolas Sarkozy ait abusé de sondage ces dernières années pour  prendre des positions électoralistes à partir de tel ou tel segment de la population est un problème en soi. Surtout quand il fait fuiter dans le Figaro les résultats qui le servent.

Pourquoi le résultat de toute enquête politique n’est-il pas public ? Ne sommes-nous pas les premiers concernés ?

Quant à la question des sondages sortie des urnes, on pourrait très bien sanctionner plutôt l’institut-dealer, ou même interdire la tenue de tels sondages avant 19h30.

mercredi 18 avril 2012

L'opinion des sondages

un bug incompréhensible fait apparaître des rectangles sur le fil du blog : reportez vous au message lui-même pour le voir correctement.

Quelques considérations sur les sondages, leurs variations et leur influence.

Voici la compilation des sondages concernant Le Pen sur le site du Nouvel Obs ce jour :


Inutile de commenter beaucoup, ça sent le doigt mouillé...

Le 7 février, BVA la donne à 16%, l'IFOP à 20.
Le 15, BVA envisage 15%, quand Harris pronostique 20.
Le 22 mars, BVA est à 13%, quand l'IFOP dit 17,5.
Le 4 avril, le CSA parierait pour 13%, mais pour Harris, c'est plutôt 16.

Bref, 3 à 5 points d'écart pour la même journée.
Quand la marge d'erreur est évaluée en général à moins de 3%, c'est vraiment pas de chance !

Notons aussi que certains instituts sont systématiquement au plus bas (LH2 et BVA), quand d'autres sont systématiquement au plus haut (Harris et IFOP).

L’inexactitude concernant l’évaluation du score de l’extrême droite n’est pas nouveau. En 2002, Le Pen était sous-évalué, en 2007, il était sur-évalué. Une étude sérieuse, après avoir analysé les sondages des scrutins présidentiels précédents, concluait : "Quels que soient les indicateurs utilisés, une seule conclusion peut être tirée de l’analyse des sondages électoraux de l’élection présidentielle de 2007 en France. Il n’y a pas d’amélioration notable dans l’estimation des principaux candidats par rapport à 2002 ; par contre, contrairement à 2002, la répartition droite-gauche est très bien estimée. Par ailleurs, l’estimation du vote Le Pen demeure le talon d’Achille des instituts français. Il y a peu d’indices de changements majeurs dans les méthodes utilisées, les échantillons sous estimant toujours fortement le vote Le Pen déclaré. Par contre, il y a une moins grande homogénéité dans les estimations des sondeurs"

Bah, semble-t-il rien de neuf cette année.

Oui mais la tendance ? La tendance est, elle au moins, juste et concordante.
Quoique.

Prenons l'exemple du vote Mélenchon :



Le grand écart ne se fait entre le 10 avril et aujourd'hui et là, les tendances sont contradictoires, stagnation autour de 14%, hausse à 17 ou baisse à 12.

Avant, cependant, une belle coordination. Toujours des optimistes (CSA, Sofres) et des pessimistes (Opinion way), mais dans un bel élan groupé.

Même si il semble aussi séduire un électorat plus éduqué, Mélenchon subit le même biais, et les candidats communistes avant lui, que Le Pen. L'article de la canadienne Claire Durant auparavant cité notait : "pour les trois instituts pour lesquels nous avons obtenu les informations, la structure de l’échantillon montre qu’il existe une très forte sous représentation des personnes moins scolarisées."



Mais par contre, j'ai un souvenir. Le tournant très remarquable dans les intentions de vote pour Mélenchon date du 7 mars 2012, quand toute la presse a repris l'information du jour : un sondage CSA le donnait à 10%. Libérés, encouragés, dynamisés, je ne sais ce qu'ont ressenti les sondés, mais alors qu'avant la progression se fait point par point, elle explose ensuite.

Les sondages ont donc au moins une opinion. Une opinion qui compte.
D'ailleurs, certains ne s'y sont pas trompés.

Dessin de Pétillon paru dans le Canard enchaîné le 18 avril 2002

mercredi 11 avril 2012

Electorat volatil


"L'hirondelle du scrutin" par la Parisienne libérée


L’HIRONDELLE DU SCRUTIN
Paroles et musique : la Parisienne Libérée


L’oiseau imprévisible
Inquiète les instituts
En volant loin des cœurs de cible
Et parfois même, en ne volant plus
C’est un oiseau bizarre
Et presque fantastique
Son étonnante trajectoire
Défie les statistiques

L’électorat volatil
Votera-il ?
Ou bien sera-t-il découragé
Et déjà volatilisé ?
Au printemps, quelquefois
L’hirondelle du scrutin
Revient et puis s’en va
Faire son nid chez le voisin !
Elle est comme ça
L’hirondelle du scrutin


[François Hollande :]
« Nous savons que rien n’est fait tant que les électeurs ne se sont pas prononcés.
Nous connaissons la volatilité des humeurs, des modes, des sentiments »


Sur le marché des élections
On suit le coût des candidats
Comme si c’était autant d’actions
Oui mais tout le monde n’investit pas
Devant la vitrine du suffrage
Y en a qui hésitent en voyant le prix
Entre se priver de fromage
Et changer de crémerie

L’électorat volatil
Votera-t-il ?
Ou bien sera-t-il découragé
Et déjà volatilisé ?
Au printemps, quelquefois
L’hirondelle du scrutin
Revient et puis s’en va
Faire son nid chez le voisin !
Elle fait son choix
L’hirondelle du scrutin


Une substance indocile
Dans le corps électoral
Qui rend les prévisions fragiles
Absurdes, les décimales
Une matière vaporeuse
Et potentiellement inflammable
Qui affole la Prédiseuse :
De quoi l’oiseau est-il capable ?


L’électorat volatil
Votera-il ?
Ou bien sera-t-il découragé
Et déjà volatilisé ?
Au printemps, quelquefois
L’hirondelle du scrutin
Revient et puis s’en va
Faire son nid chez le voisin !
Elle est comme ça
L’hirondelle du scrutin


L’oiseau imprévisible
Inquiète les instituts
En volant loin des cœurs de cible
Et parfois même... en ne volant plus



Et pour faire le lien avec le post précédent, la tentation de Gugusse (vous noterez l'indéniable jubilation d'icelui) :

La Parisienne libérée chante Gugusse !

(chanson qui fait référence à l'appelation "Gugusse" employée par Todd à l'endroit de Mélenchon, certes bien avant qu'il atteigne 10% d'intentions de vote)


GUGUSSE
paroles et musique : la Parisienne Libérée

[Emmanuel Todd :]
« Je n'ai pas la vision irénique des dernières élections, il y avait quand même quatre candidats de droite... en comptant le candidat socialiste »

Si tous les extrémistes
Se prennent pour des centristes
Si même les écolos
Regardent la terre d'en haut
Si la gauche est à droite
Espérant qu'on la batte
Aux prochaines élections
Je voterai pour l'abstention

Contre ça il y a Gugusse
Avec ses expressions
Son dictionnaire d'astuces
Et puis son gros bâton
Qui joue de la grammaire
Entre la chair et l'os
C'est l'heure des caractères
Que se vayan todos ! (bis)


Si les gens les plus riches
Continuent de s'enrichir
Si on leur fait des niches
Selon leur bon plaisir
Si même l'agent public
Ne sert plus à l'Etat
Ca devient trop fantastique
Ne comptez pas sur moi

C'est là que j'entends Gugusse
Avec ses expressions
Son dictionnaire d'astuces
Et puis son gros bâton
Qui joue de la grammaire
Entre la chair et l'os
C'est l'heure des caractères
Que se vayan todos ! (bis)


Les Gavés, les Ludions
Seigneurs des stock options
Les Tripoteurs d'argent
Les Grands, les Importants
Voudraient que l'écarlate
Se porte au bout du nez
Quand la colère éclate
L'étendard est levé

Il est comme ça Gugusse
Avec ses expressions
Son dictionnaire d'astuces
Et puis son gros bâton
Qui joue de la grammaire
Entre la chair et l'os
C'est l'heure des caractères
Que se vayan todos ! (bis)


Si tous les extrémistes
Se déguisent en centristes
Si même les écolos
Regardent la terre d'en haut
Si les autres se présentent
In Naturalibus
Si tout le monde se contente
De sonner l'Angélus

On écoutera Gugusse
Avec ses expressions
Son dictionnaire d'astuces
Et puis son gros bâton
Qui joue de la grammaire
Entre la chair et l'os
C'est l'heure des caractères
Que se vayan todos ! (bis)


On écoutera Gugusse
Avec ses expressions
Son dictionnaire d'astuces
Et puis son gros bâton
Jouant de la grammaire
Entre la chair et l'os
C'est l'heure des caractères
Que se vayan todos ! (bis)


Et comme, décidément, je l'aime bien, un autre duo avec Emmanuel Todd, dont la chute est particulièrement délectable :
La Parisienne Libérée - le subconscient de la Gauche

LE SUBCONSCIENT DE LA GAUCHE
paroles et musique : la Parisienne Libérée

Sous le drapeau du libre-échange
Les pays ne sont plus égaux
Il y en a que ça arrange
Quand d’autres ont la tête sous l’eau
Quelque chose ne va pas
Depuis la monnaie unique
On s’en doutait mais voilà
L’Histoire redevient tragique

[Emmanuel Todd :]
« L’Europe qui était censée être le continent de la démocratie libérale, en tant qu’organisation centrale, est devenue une machine qui a cassé la démocratie dans des régions où elle venait de naître. »

Faut-il que les citoyens
Soient ainsi domestiqués
Pour cuisiner le festin
Auquel ils ne sont plus conviés?
Deux cent milliards chaque année
La dette publique est servie
C’est un bien copieux souper
Les riches ont bon appétit

[Emmanuel Todd :]
« La dette publique, Marx il en parle et il la voit du bon côté, il ne la voit pas comme nous maintenant – enfin comme eux plutôt maintenant – « c’est des gens ils sont vilains, ils ont trop dépensé, ils se sont endettés ». Il ne la voit pas sur le mode « la cigale et la fourmi » avec « les cigales sont méchantes ». Marx il voit bien le point de vue intéressant qui est le point de vue de la fourmi. Sauf que c’est pas la fourmi parce que la fourmi est complètement absurde dans la fable : elle ne veut pas prêter. La vérité c’est que le monde est rempli de types qui ont trop de pognon et qui veulent le prêter. »

La gauche soudain éclairée
Par une illumination
Se rappelant qui elle est
Passera peut-être à l’action

[Emmanuel Todd :]
« On va vers une crise majeure et pour résoudre cette crise majeure, pour éviter la panique, il faudra que l’État prenne le contrôle des banques. C’est le subconscient de la gauche. »

Le subconscient de la gauche
Peine un peu à émerger
Dans une course où chevauchent
Les puissants et leur jockey

[Emmanuel Todd :]
« La réalité psychologique de Sarkozy c’est que c’est un faible. Ou plutôt c’est un type qui est dans des modèles hiérarchiques, qui tape sur les faibles et qui se soumet aux puissants. Donc quand il pense que les États-Unis sont puissants il obéit aux États-Unis, s’il pense que la Chine est puissante il se soumet à la Chine, et s’il pense que l’Allemagne est puissante il se soumet à l’Allemagne. Et puis il va taper sur les gamins de banlieue, sur les Roms – les Roms c’était l’idéal, c’est quelques milliers de mecs. »

C’est déjà assez bizarre
Qu’il ait pu nous gouverner
Une seconde victoire
Et c’est le drame assuré

[Emmanuel Todd :]
« J’ai pas un tempérament à dire c’est foutu mais je peux dire que si Sarkozy est réélu, vu l’image qu’il donne à la France, les Français paieront la note, c’est-à-dire le déclin. Si on vote mal on sera puni par l’Histoire. »

Sans craindre d’être envahi
Et même sans parler de guerre
Il faut voir la démocratie
Comme quelque chose qui se perd
On peut craindre rebelote
Bonaparte et ses sosies
Redoutons le bruit des bottes
L’Histoire n’est jamais finie

[Emmanuel Todd :]
« Beaucoup de choses ont déjà été faites qui faciliteraient l’établissement d’un régime autoritaire en France : contrôle de l’information, rapprochement des corps de la police et de la gendarmerie – puisqu’une des grandes traditions républicaines c’était d’avoir deux corps de maintien de l’ordre. Les gens ne se rendent pas compte à quel point c’est grave de tenter de fusionner la police et la gendarmerie. Ça oui, mais pas la guerre, pas la guerre. C’est déjà ça, une dictature sans la guerre. »

Quand l’horizon s’assombrit
Quand les nouvelles nous inquiètent
On voudrait des prophéties
Et voilà ce que dit le prophète :

[Emmanuel Todd :]
« Il y a un moment donné où quelqu’un à l’Élysée fera des textes racontant n’importe quoi. »

Pour retrouver les œuvres de cet OVNI de la chanson : la Parisienne Liberée